BALIER, C, Lécoute des toxicomanes en prison : Le psychanalyste à lécoute du toxicomane, sous la Direction de R. Kaes et D. Anzieu, Dunod 1981, p. 115-122-Patient : Moi, je sors lundi, et on le fait bien comprendre Cest vite, vite, fais tes affaires, tu sors lundi Cicourel A, 2002, Le raisonnement médical, Paris, Le Seuil, coll Liber. More information about this error may be available
11h45-12h15. Intervention de Julien Morel dArleux, Directeur de la Maison darrêt de Lyon Corbas prison Forensic, nspécial, septembre 2000, p47-55. FORISSIER A, SAVIN B. 2007, Le vampirisme familial à lépreuve du rêve, Le Divan familial, Rencontre entre cultures et familles, 19, 119-128. Association de Psychologues Cliniciens dOrientation Freudienne 26 On peut par exemple citer le psychanalyste Bourillon qui, dans un ouvrage consacré à la prise en ch exposées-comme le faisait D. GONIN dans son ouvrage La santé incarcérée, franchement levé ; il est juste quun condamné souffre physiquement plus BARON-LAFORET S, DUMONT J.P, SAVIN B. 1995, Les thérapies familiales en prison, FORENSIC, Numéro spécial: Environnement et processus de soins, Vième rencontres SMPR-UMD-MCS, p.33-38. Ou de personnes sous main de justice se doit de connaître et reconnaître les Je me souviens de ce patient, un homme de 35 ans environ, récidiviste et incarcéré à plusieurs reprises pour violences. Des violences extrêmes, clastiques, aussi soudaines quimprévisibles. Imprévisibles vues de dehors et isolées au cas par cas, mais bien moins illisibles vues au travers du prisme carcéral et entendues au rythme syncopé du casier judiciaire La dernière fois, il a failli tuer un homme, qui a perdu un œil et se trouve alors dans le coma. Tout sest passé en quelques secondes. Ces accès de violences se manifestent invariablement en présence de sa compagne, sur des hommes lui manquant de respect en actes ou en paroles. Ce coup-ci, cétait une main aux fesses. Je vois entrer dans mon bureau un homme athlétique au crâne rasé, tout en muscles, moulé dans son tee-shirt et en tension corporelle permanente. Mais alors quil se met à parler, il ne tarde pas à saffaisser et à fondre en larmes. Il me paraît être prisonnier de sa propre violence, révélant un discours bien plus du côté de la vulnérabilité que de lagressivité. On dirait quil na pas le choix : Moi on peut minsulter, me traiter de tous les noms, cest pas grave, je ne dis rien Mais quand on sen prend à ma femme, je ne peux pas, il faut que je sèche le mec il y a quelque chose qui se passe, je ne comprends pas, je deviens fou. Il na jamais consulté auparavant, en dépit dun passé hautement traumatique que je vais bientôt découvrir. Mais dans son actualité, point besoin de consulter. Pourquoi consulterait-il? Il travaille, il est en pleine forme, est amoureux de sa compagne, investit des hobbies, notamment les arts martiaux Et quand ça se passe mal, ce nest jamais lui le problème puisque ça vient toujours dun agresseur extérieur lui ne fait que défendre sa femme, en second lieu. Mais là, il est une nouvelle fois incarcéré et nen peut plus. En outre, il a peur de perdre sa femme. Il tourne en rond dans sa cellule et commence à sinterroger. Et puis, dans mon bureau, il est surpris dautant pleurer. Il régresse, on dirait vraiment un enfant. Quelques entretiens se déroulent durant lesquels il me révèle une enfance livrée, seul, à un père violent et même sadique. Il pleure et parle beaucoup. Dans un premier temps, je me contente de réguler le débit, pour lempêcher de se vider trop vite et de sépuiser. Les vacances dété approchent et je veux quil garde un peu de contenance. Le jour du dernier entretien avant mon départ pour trois semaines, il entre dans mon bureau, le visage éclairé et mapprend que le juge lui propose une alternative à lincarcération, sous bracelet électronique. Il va pouvoir rentrer chez lui et retrouver sa femme. Il est enjoué et commence à me décrire sa vie dehors. Au fur et à mesure que je lécoute et quil me raconte ses futures journées, je maperçois quil me dépeint une dynamique conjugale dune façon tout à fait particulière. Il me raconte par le menu la façon dont les journées de sa femme vont être assujetties à la contrainte du bracelet électronique et aux horaires très restrictifs qui vont lui être imposés. Lui me dépeint le bonheur dêtre à deux, mais il apparaît finalement quil ira de soi, pour lun comme pour lautre, quelle ne fera rien sans lui et quelle aussi sera donc soumise intégralement à cette mesure de PSE placement sous surveillance électronique. Plus il parle, plus je me rends compte quil me décrit une prison conjugale. Alternative à lincarcération peut aussi vouloir dire une autre forme dincarcération ; on est alors davantage dans lalternance que dans lalternative, au sens où le décrit Loïck VILLERBU dans sa théorie sur la sérialité et le polymorphisme des dynamiques criminelles. Je crains quen effet il ne sapprête à emmener la prison dehors, une prison pour elle et lui. Je ne peux mempêcher, bien sûr, de songer aux conséquences dévastatrices que cela peut avoir. Il est fascinant découter les deux histoires quil me raconte : lune idyllique et lautre carcérale, fermée, circulaire. Il ne me dit sans doute pas tout ça pour rien. Je fais alors ce que je fais parfois : je lui livre impressions et sentiments tels quils me viennent, je les lui fais partager au sens où Claude Balier nous le recommande. Et je dessine limage mentale qui mest venue. Je fais lentement un petit croquis, devant lui, tout en lui parlant. Sur ma feuille de papier, il y a dun côté un bonhomme avec un bracelet autour de la cheville et de lautre un homme et une femme reliés entre eux par une chaîne avec chacun un anneau autour de la cheville. Je lui dis que cest là ce qui mest venu en écoutant son histoire et lui demande de me dire lequel de ces deux dessins lui semblerait correspondre le plus à sa situation. Intérieurement, je me dis que ma façon de lui présenter les choses est assez inductive mais tant pis, je me lance. Dabord il ne dit rien, saisi par le dessin, sy plonge puis me désigne le couple enchaîné. Cest vrai, je me reconnais là dedans. Nous approchons de la fin de lentretien, mais il me raconte quen effet ils ont beaucoup de mal à se séparer, quil ressent parfois comme une pression. Je lui dis que je pense quil est essentiel quil retrouve la liberté, que le but de son travail en thérapie nest pas de rester en prison pour demeurer inoffensif, mais quil a dores et déjà la liberté de réfléchir à ce qui peut lamener à se mettre en danger comme à mettre lautre en danger et ainsi compromettre sa liberté. Je lui précise tout de même que tout ce qui compromet sa liberté est aussi ce qui le sépare de sa femme A moins quil ne soit pas si libre que ça dehors, mais cela, je le garde pour moi.
La documentation française, collection regards sur lactualité n 336 Assistant réalisateur en long-métrage de fiction cinéma et télévision, à partir de 1995 il réalise des magazines et des reportages. Depuis lannée 2000, Didier CROS se consacre entièrement au genre documentaire. RAVIT, M, La cruauté du lien : de lobjet daddiction au lien daddiction, Cahiers de psychologie clinique 12004 n o 22, p 55-69. Pierre SULLIVAN-Chus dun désastre obscur de Jean Gillibert, 311
Présidence : Laurent Dartigues, chercheur CNRS, UMR Triangle. 46Ces questions ont tout dabord pour fonction damorcer le dialogue, de provoquer linteraction, de briser le silence. Les silences apparaissent en effet fréquents, que ce soit lors des séances du groupe de parole ou dentretiens individuels. On peut prendre pour exemple un début dentretien individuel où le patient ne savère pas loquace et manifeste même une certaine réticence à parler : 39Les professionnels du service se montrent particulièrement entreprenants lors des absences aux séances des groupes de parole. Lors de lune dentre elles, le surveillant du service, parti comme à laccoutumée chercher les participants dans la salle dattente, ne revient quavec deux patients au lieu de cinq.. Sont-ils en retard? Ont-ils oublié? Leur absence pose tout à la fois question et problème ; il en va notamment de la tenue du groupe de parole dans la mesure où il apparaît difficile de conduire la séance avec seulement deux patients. Les psychologues, en se reposant sur le surveillant, cherchent à comprendre et à remédier à ces absences. Le surveillant prend le téléphone et appelle alors le bâtiment dans lequel réside un premier patient. Il nobtient pas de réponse il est pas encore 14h, ils sont en pause, mais parvient à joindre lun des ateliers : Monsieur U, il est avec toi? Car il a groupe de parole Il avait zappé! Ben tu lenvoies sil te plaît. Monsieur U. Arrive quelques minutes plus tard, expliquant quil avait effectivement oublié. Le surveillant est ensuite informé que lun des absents est en permission, et ne parvient toujours pas à joindre les surveillants de bâtiment pour savoir ce quil en est du troisième. Si vous voulez en sadressant aux psychologues, je vais voir au bâtiment C sil y est pas. Jen ai pour 5 minutes Les psychologues ne semblent pas emballées par lidée. Finalement, la séance aura lieu avec trois des cinq participants. 2 Ces thérapeutes, comme par exemple Claude Balier, André Ciavaldini et Roland Coutanceau, ont tout à Karthala, coll. Hommes et sociétés, 1999, paris.