Mlle Vatnaz ne répondit rien. Des gouttes de sueur parurent à ses tempes. Ses yeux se fixaient sur le tapis. la rencontre de mme arnoux Elle se rassit ; mais elle observait la pendule, et il continuait à marcher en fumant. Tous les deux ne trouvaient plus rien à se dire. Il y a un moment, dans les séparations, où la personne aimée nest déjà plus avec nous. Tous les objets sont un point de départ pour son imagination et ses fantasmes comme le châle qui, associé à la négresse, éveille en lui des pensées exotiques. Il la supposait dorigine andalouse, créole peut-être ; elle avait ramené des îles cette négresse avec elle, Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, sen couvrir les pieds, dormir dedans. Tu sais bien que je nai pas le temps! répliqua le marquis. la rencontre de mme arnoux Alors passa devant eux, avec des miroitements de cuivre et dacier, un splendide landau attelé de quatre chevaux, conduits à la Daumont par deux jockeys en veste de velours, à crépines dor. Cest peut-être une idée de coiffeur que jai eue? songea-t-il. Jallais souvent seul me promener sur la grève. Un jour, le hasard me fit aller vers lendroit où lon se baignait. Cétait une place, non loin des dernières maisons du village, fréquentée plus spécialement pour cet usage ; hommes et femmes nageaient ensemble, on se déshabillait sur le rivage ou dans sa maison et on laissait son manteau sur le sable. Le film est mal reçu par la critique et le public 5, 6. En, une nouvelle adaptation LÉducation sentimentale feuilleton télévisé en cinq épisodes de Marcel Cravenne est produite avec Jean-Pierre Léaud, dans le rôle de Frédéric Moreau, Françoise Fabian dans le rôle de madame Arnoux et Catherine Rouvel dans le rôle de Rosanette 7. Le film français Toutes les nuits de réalisé par Eugène Green, seconde adaptation cinématographique, est inspirée de la Première éducation sentimentale de Gustave Flaubert 8. Est-ce que jy pensais, seulement! Puisque javais toujours au fond anecdotes, se citait lui-même en exemple, débitant tout cela dun ton paterne, avec une ingénuité de corruption divertissante. Partout, une valetaille à larges galons dor circulait. Les grandes torchères, comme des bouquets de feu, sépanouissaient sur les tentures ; elles se répétaient dans les glaces ; et, au fond de la salle à manger, que tapissait un treillage de jasmin, le buffet ressemblait à un maître-autel de cathédrale ou à une exposition dorfèvrerie, tant il y avait de plats, de cloches, de couverts et de cuillers en argent et en vermeil, au milieu des cristaux à facettes qui entrecroisaient, par-dessus les viandes, des lueurs irisées. Les trois autres salons regorgeaient dobjets dart : paysages de maîtres contre les murs, ivoires et porcelaines au bord des tables, chinoiseries sur les consoles ; des paravents de laque se développaient devant les fenêtres, des touffes de camélias montaient dans les cheminées ; et une musique légère vibrait, au loin, comme un bourdonnement dabeilles. Martinon arriva au même moment. Ils passèrent dans le cabinet ; et Frédéric tirait un papier de sa poche, quand Mlle Cécile, entrant tout à coup, articula dun air ingénu : Puis un patriote en blouse gravit la tribune. Celui-là était un plébéien, large dépaules, une grosse figure très douce et de longs cheveux noirs. Il parcourut lassemblée dun regard presque voluptueux, se renversa la tête, et enfin, écartant les bras : Comment navait-il pas songé à elle, plus tôt? La faute venait de Deslauriers, et il savança vers la boutique, il nentra pas, cependant ; il attendit quelle parût. Et il entama une kyrielle de plaintes. En acceptant les conditions du fabricant, il avait entendu demeurer à Paris, et non senfouir dans cette campagne, loin de ses amis, privé de journaux. Nimporte! il avait passé par là-dessus! Mais Arnoux ne paraissait faire nulle attention à son mérite. Il était borné dailleurs, et rétrograde, ignorant comme pas un. Au lieu de chercher des perfectionnements artistiques, mieux aurait valu introduire des chauffages à la houille et au gaz. Le bourgeois senfonçait ; Sénécal appuya sur le mot. Bref, ses occupations lui déplaisaient ; et il somma presque Frédéric de parier en sa faveur, afin quon augmentât ses émoluments. Il se reprocha son dévouement, sans réfléchir que les accusations portées contre lui étaient justes, après tout. Quelle fatale idée que cette candidature! Mais quels ânes, quels crétins! Il se comparait à ces hommes, et soulageait avec leur sottise la blessure de son orgueil. Puis il éprouva le besoin de voir Rosanette. Après tant de laideurs et demphase, sa gentille personne serait un délassement. Elle savait quil avait dû, le soir, se présenter dans un club. Cependant, lorsquil entra, elle ne lui fit pas même une question. la rencontre de mme arnoux Un soir, il reçoit une lettre de son ami Deslauriers qui le prévient de son arrivée à Paris. Mais il arrive le jour où, pour la première fois, Frédéric est invité à dîner chez les Arnoux. Enfin, il laperçut à travers la fumée des pipes, seul, au fond de larrière-buvette après le billard, une chope devant lui, le menton baissé et dans une attitude méditative. À la nouvelle dun changement de ministère, Paris avait changé. Tout le monde était en joie ; des promeneurs circulaient, et des lampions à chaque étage faisaient une clarté comme en plein jour. Les soldats regagnaient lentement leurs casernes, harassés, lair triste. On les saluait, en criant : Vive la ligne! Ils continuaient sans répondre. Dans la garde nationale, au contraire, les officiers, rouges denthousiasme, brandissaient leur sabre en vociférant : Vive la réforme! et ce mot-là, chaque fois, faisait rire les deux amants. Frédéric blaguait, était très gai. À peine! Tous les soirs, régulièrement, depuis la rue de Grammont jusquà la rue Montmartre, il se traîne devant les cafés, affaibli, courbé en deux, vidé, un spectre! .