{"id":5020,"date":"2020-09-30T16:28:33","date_gmt":"2020-09-30T16:28:33","guid":{"rendered":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/?p=5020"},"modified":"2020-09-24T02:36:11","modified_gmt":"2020-09-24T02:36:11","slug":"rencontre-en-prison-balier","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/2020\/09\/30\/rencontre-en-prison-balier\/","title":{"rendered":"Rencontre En Prison Balier"},"content":{"rendered":"<p>BALIER, C, L\u00e9coute des toxicomanes en prison : Le psychanalyste \u00e0 l\u00e9coute du toxicomane, sous la Direction de R. Kaes et D. Anzieu, Dunod 1981, p. 115-122-Patient : Moi, je sors lundi, et on le fait bien comprendre Cest vite, vite, fais tes affaires, tu sors lundi Cicourel A, 2002, Le raisonnement m\u00e9dical, Paris, Le Seuil, coll Liber. More information about this error may be available <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/all.myfirstpocketpal.com\/44405-home_default\/ange-4-au-dela-du-delire-lp-album.jpg\" alt=\"rencontre en prison balier\" align=\"center\"> 11h45-12h15. Intervention de Julien Morel dArleux, Directeur de la Maison darr\u00eat de Lyon Corbas prison Forensic, nsp\u00e9cial, septembre 2000, p47-55.  FORISSIER A, SAVIN B. 2007, Le vampirisme familial \u00e0 l\u00e9preuve du r\u00eave, Le Divan familial, Rencontre entre cultures et familles, 19, 119-128. Association de Psychologues Cliniciens dOrientation Freudienne 26 On peut par exemple citer le psychanalyste Bourillon qui, dans un ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 la prise en ch  expos\u00e9es-comme le faisait D. GONIN dans son ouvrage La sant\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9e, franchement lev\u00e9 ; il est juste quun condamn\u00e9 souffre physiquement plus BARON-LAFORET S, DUMONT J.P, SAVIN B. 1995, Les th\u00e9rapies familiales en prison, FORENSIC, Num\u00e9ro sp\u00e9cial: Environnement et processus de soins, Vi\u00e8me rencontres SMPR-UMD-MCS, p.33-38. Ou de personnes sous main de justice se doit de conna\u00eetre et reconna\u00eetre les Je me souviens de ce patient, un homme de 35 ans environ, r\u00e9cidiviste et incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises pour violences. Des violences extr\u00eames, clastiques, aussi soudaines quimpr\u00e9visibles. Impr\u00e9visibles vues de dehors et isol\u00e9es au cas par cas, mais bien moins illisibles vues au travers du prisme carc\u00e9ral et entendues au rythme syncop\u00e9 du casier judiciaire La derni\u00e8re fois, il a failli tuer un homme, qui a perdu un \u0153il et se trouve alors dans le coma. Tout sest pass\u00e9 en quelques secondes. Ces acc\u00e8s de violences se manifestent invariablement en pr\u00e9sence de sa compagne, sur des hommes lui manquant de respect en actes ou en paroles. Ce coup-ci, c\u00e9tait une main aux fesses. Je vois entrer dans mon bureau un homme athl\u00e9tique au cr\u00e2ne ras\u00e9, tout en muscles, moul\u00e9 dans son tee-shirt et en tension corporelle permanente. Mais alors quil se met \u00e0 parler, il ne tarde pas \u00e0 saffaisser et \u00e0 fondre en larmes. Il me para\u00eet \u00eatre prisonnier de sa propre violence, r\u00e9v\u00e9lant un discours bien plus du c\u00f4t\u00e9 de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 que de lagressivit\u00e9. On dirait quil na pas le choix : Moi on peut minsulter, me traiter de tous les noms, cest pas grave, je ne dis rien Mais quand on sen prend \u00e0 ma femme, je ne peux pas, il faut que je s\u00e8che le mec il y a quelque chose qui se passe, je ne comprends pas, je deviens fou. Il na jamais consult\u00e9 auparavant, en d\u00e9pit dun pass\u00e9 hautement traumatique que je vais bient\u00f4t d\u00e9couvrir. Mais dans son actualit\u00e9, point besoin de consulter. Pourquoi consulterait-il? Il travaille, il est en pleine forme, est amoureux de sa compagne, investit des hobbies, notamment les arts martiaux Et quand \u00e7a se passe mal, ce nest jamais lui le probl\u00e8me puisque \u00e7a vient toujours dun agresseur ext\u00e9rieur lui ne fait que d\u00e9fendre sa femme, en second lieu. Mais l\u00e0, il est une nouvelle fois incarc\u00e9r\u00e9 et nen peut plus. En outre, il a peur de perdre sa femme. Il tourne en rond dans sa cellule et commence \u00e0 sinterroger. Et puis, dans mon bureau, il est surpris dautant pleurer. Il r\u00e9gresse, on dirait vraiment un enfant. Quelques entretiens se d\u00e9roulent durant lesquels il me r\u00e9v\u00e8le une enfance livr\u00e9e, seul, \u00e0 un p\u00e8re violent et m\u00eame sadique. Il pleure et parle beaucoup. Dans un premier temps, je me contente de r\u00e9guler le d\u00e9bit, pour lemp\u00eacher de se vider trop vite et de s\u00e9puiser. Les vacances d\u00e9t\u00e9 approchent et je veux quil garde un peu de contenance. Le jour du dernier entretien avant mon d\u00e9part pour trois semaines, il entre dans mon bureau, le visage \u00e9clair\u00e9 et mapprend que le juge lui propose une alternative \u00e0 lincarc\u00e9ration, sous bracelet \u00e9lectronique. Il va pouvoir rentrer chez lui et retrouver sa femme. Il est enjou\u00e9 et commence \u00e0 me d\u00e9crire sa vie dehors. Au fur et \u00e0 mesure que je l\u00e9coute et quil me raconte ses futures journ\u00e9es, je maper\u00e7ois quil me d\u00e9peint une dynamique conjugale dune fa\u00e7on tout \u00e0 fait particuli\u00e8re. Il me raconte par le menu la fa\u00e7on dont les journ\u00e9es de sa femme vont \u00eatre assujetties \u00e0 la contrainte du bracelet \u00e9lectronique et aux horaires tr\u00e8s restrictifs qui vont lui \u00eatre impos\u00e9s. Lui me d\u00e9peint le bonheur d\u00eatre \u00e0 deux, mais il appara\u00eet finalement quil ira de soi, pour lun comme pour lautre, quelle ne fera rien sans lui et quelle aussi sera donc soumise int\u00e9gralement \u00e0 cette mesure de PSE placement sous surveillance \u00e9lectronique. Plus il parle, plus je me rends compte quil me d\u00e9crit une prison conjugale. Alternative \u00e0 lincarc\u00e9ration peut aussi vouloir dire une autre forme dincarc\u00e9ration ; on est alors davantage dans lalternance que dans lalternative, au sens o\u00f9 le d\u00e9crit Lo\u00efck VILLERBU dans sa th\u00e9orie sur la s\u00e9rialit\u00e9 et le polymorphisme des dynamiques criminelles. Je crains quen effet il ne sappr\u00eate \u00e0 emmener la prison dehors, une prison pour elle et lui. Je ne peux memp\u00eacher, bien s\u00fbr, de songer aux cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices que cela peut avoir. Il est fascinant d\u00e9couter les deux histoires quil me raconte : lune idyllique et lautre carc\u00e9rale, ferm\u00e9e, circulaire. Il ne me dit sans doute pas tout \u00e7a pour rien. Je fais alors ce que je fais parfois : je lui livre impressions et sentiments tels quils me viennent, je les lui fais partager au sens o\u00f9 Claude Balier nous le recommande. Et je dessine limage mentale qui mest venue. Je fais lentement un petit croquis, devant lui, tout en lui parlant. Sur ma feuille de papier, il y a dun c\u00f4t\u00e9 un bonhomme avec un bracelet autour de la cheville et de lautre un homme et une femme reli\u00e9s entre eux par une cha\u00eene avec chacun un anneau autour de la cheville. Je lui dis que cest l\u00e0 ce qui mest venu en \u00e9coutant son histoire et lui demande de me dire lequel de ces deux dessins lui semblerait correspondre le plus \u00e0 sa situation. Int\u00e9rieurement, je me dis que ma fa\u00e7on de lui pr\u00e9senter les choses est assez inductive mais tant pis, je me lance. Dabord il ne dit rien, saisi par le dessin, sy plonge puis me d\u00e9signe le couple encha\u00een\u00e9. Cest vrai, je me reconnais l\u00e0 dedans. Nous approchons de la fin de lentretien, mais il me raconte quen effet ils ont beaucoup de mal \u00e0 se s\u00e9parer, quil ressent parfois comme une pression. Je lui dis que je pense quil est essentiel quil retrouve la libert\u00e9, que le but de son travail en th\u00e9rapie nest pas de rester en prison pour demeurer inoffensif, mais quil a dores et d\u00e9j\u00e0 la libert\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qui peut lamener \u00e0 se mettre en danger comme \u00e0 mettre lautre en danger et ainsi compromettre sa libert\u00e9. Je lui pr\u00e9cise tout de m\u00eame que tout ce qui compromet sa libert\u00e9 est aussi ce qui le s\u00e9pare de sa femme A moins quil ne soit pas si libre que \u00e7a dehors, mais cela, je le garde pour moi. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.rogercomps.gq\/media\/catalog\/product\/cache\/5\/small_image\/400x\/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95\/n\/o\/northern_frame_wandgarderobe_png.jpg.jpg\" alt=\"rencontre en prison balier\" align=\"left\"> La documentation fran\u00e7aise, collection regards sur lactualit\u00e9 n 336 Assistant r\u00e9alisateur en long-m\u00e9trage de fiction cin\u00e9ma et t\u00e9l\u00e9vision, \u00e0 partir de 1995 il r\u00e9alise des magazines et des reportages. Depuis lann\u00e9e 2000, Didier CROS se consacre enti\u00e8rement au genre documentaire. RAVIT, M, La cruaut\u00e9 du lien : de lobjet daddiction au lien daddiction, Cahiers de psychologie clinique 12004 n o 22, p 55-69. Pierre SULLIVAN-Chus dun d\u00e9sastre obscur de Jean Gillibert, 311  <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.minelli.fr\/media-589\/catalog\/product\/cache\/1\/small_image\/224x280\/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95\/X\/X\/_croute-velours-chevre__minelli-696cc07d3ff2d877812195396a44c691-a.jpg\" alt=\"rencontre en prison balier\" align=\"center\"> Pr\u00e9sidence : Laurent Dartigues, chercheur CNRS, UMR Triangle. 46Ces questions ont tout dabord pour fonction damorcer le dialogue, de provoquer linteraction, de briser le silence. Les silences apparaissent en effet fr\u00e9quents, que ce soit lors des s\u00e9ances du groupe de parole ou dentretiens individuels. On peut prendre pour exemple un d\u00e9but dentretien individuel o\u00f9 le patient ne sav\u00e8re pas loquace et manifeste m\u00eame une certaine r\u00e9ticence \u00e0 parler : 39Les professionnels du service se montrent particuli\u00e8rement entreprenants lors des absences aux s\u00e9ances des groupes de parole. Lors de lune dentre elles, le surveillant du service, parti comme \u00e0 laccoutum\u00e9e chercher les participants dans la salle dattente, ne revient quavec deux patients au lieu de cinq.. Sont-ils en retard? Ont-ils oubli\u00e9? Leur absence pose tout \u00e0 la fois question et probl\u00e8me ; il en va notamment de la tenue du groupe de parole dans la mesure o\u00f9 il appara\u00eet difficile de conduire la s\u00e9ance avec seulement deux patients. Les psychologues, en se reposant sur le surveillant, cherchent \u00e0 comprendre et \u00e0 rem\u00e9dier \u00e0 ces absences. Le surveillant prend le t\u00e9l\u00e9phone et appelle alors le b\u00e2timent dans lequel r\u00e9side un premier patient. Il nobtient pas de r\u00e9ponse il est pas encore 14h, ils sont en pause, mais parvient \u00e0 joindre lun des ateliers : Monsieur U, il est avec toi? Car il a groupe de parole Il avait zapp\u00e9! Ben tu lenvoies sil te pla\u00eet. Monsieur U. Arrive quelques minutes plus tard, expliquant quil avait effectivement oubli\u00e9. Le surveillant est ensuite inform\u00e9 que lun des absents est en permission, et ne parvient toujours pas \u00e0 joindre les surveillants de b\u00e2timent pour savoir ce quil en est du troisi\u00e8me. Si vous voulez en sadressant aux psychologues, je vais voir au b\u00e2timent C sil y est pas. Jen ai pour 5 minutes Les psychologues ne semblent pas emball\u00e9es par lid\u00e9e. Finalement, la s\u00e9ance aura lieu avec trois des cinq participants. 2 Ces th\u00e9rapeutes, comme par exemple Claude Balier, Andr\u00e9 Ciavaldini et Roland Coutanceau, ont tout \u00e0 Karthala, coll. Hommes et soci\u00e9t\u00e9s, 1999, paris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>rencontre en prison balier<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5020"}],"collection":[{"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5020"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5020\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5021,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5020\/revisions\/5021"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5020"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5020"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5020"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}