{"id":9401,"date":"2020-10-11T06:07:42","date_gmt":"2020-10-11T06:07:42","guid":{"rendered":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/?p=9401"},"modified":"2020-09-29T23:55:27","modified_gmt":"2020-09-29T23:55:27","slug":"la-rencontre-de-mme-arnoux-3","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/2020\/10\/11\/la-rencontre-de-mme-arnoux-3\/","title":{"rendered":"La Rencontre De Mme Arnoux"},"content":{"rendered":"<p>Mlle Vatnaz ne r\u00e9pondit rien. Des gouttes de sueur parurent \u00e0 ses tempes. Ses yeux se fixaient sur le tapis. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/puortaldovt.cf\/cache\/avatars\/742716_1523175658_fr.png\" alt=\"la rencontre de mme arnoux\" align=\"right\"> Elle se rassit ; mais elle observait la pendule, et il continuait \u00e0 marcher en fumant. Tous les deux ne trouvaient plus rien \u00e0 se dire. Il y a un moment, dans les s\u00e9parations, o\u00f9 la personne aim\u00e9e nest d\u00e9j\u00e0 plus avec nous. Tous les objets sont un point de d\u00e9part pour son imagination et ses fantasmes comme le ch\u00e2le qui, associ\u00e9 \u00e0 la n\u00e9gresse, \u00e9veille en lui des pens\u00e9es exotiques. Il la supposait dorigine andalouse, cr\u00e9ole peut-\u00eatre ; elle avait ramen\u00e9 des \u00eeles cette n\u00e9gresse avec elle, Elle avait d\u00fb, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, sen couvrir les pieds, dormir dedans. Tu sais bien que je nai pas le temps! r\u00e9pliqua le marquis.  <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/users.skynet.be\/fa377091\/2004\/bessadi.jpg\" alt=\"la rencontre de mme arnoux\" align=\"left\"> Alors passa devant eux, avec des miroitements de cuivre et dacier, un splendide landau attel\u00e9 de quatre chevaux, conduits \u00e0 la Daumont par deux jockeys en veste de velours, \u00e0 cr\u00e9pines dor. Cest peut-\u00eatre une id\u00e9e de coiffeur que jai eue? songea-t-il. Jallais souvent seul me promener sur la gr\u00e8ve. Un jour, le hasard me fit aller vers lendroit o\u00f9 lon se baignait. C\u00e9tait une place, non loin des derni\u00e8res maisons du village, fr\u00e9quent\u00e9e plus sp\u00e9cialement pour cet usage ; hommes et femmes nageaient ensemble, on se d\u00e9shabillait sur le rivage ou dans sa maison et on laissait son manteau sur le sable. Le film est mal re\u00e7u par la critique et le public 5, 6. En, une nouvelle adaptation L\u00c9ducation sentimentale feuilleton t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 en cinq \u00e9pisodes de Marcel Cravenne est produite avec Jean-Pierre L\u00e9aud, dans le r\u00f4le de Fr\u00e9d\u00e9ric Moreau, Fran\u00e7oise Fabian dans le r\u00f4le de madame Arnoux et Catherine Rouvel dans le r\u00f4le de Rosanette 7. Le film fran\u00e7ais Toutes les nuits de r\u00e9alis\u00e9 par Eug\u00e8ne Green, seconde adaptation cin\u00e9matographique, est inspir\u00e9e de la Premi\u00e8re \u00e9ducation sentimentale de Gustave Flaubert 8. Est-ce que jy pensais, seulement! Puisque javais toujours au fond  anecdotes, se citait lui-m\u00eame en exemple, d\u00e9bitant tout cela dun ton paterne, avec une ing\u00e9nuit\u00e9 de corruption divertissante. Partout, une valetaille \u00e0 larges galons dor circulait. Les grandes torch\u00e8res, comme des bouquets de feu, s\u00e9panouissaient sur les tentures ; elles se r\u00e9p\u00e9taient dans les glaces ; et, au fond de la salle \u00e0 manger, que tapissait un treillage de jasmin, le buffet ressemblait \u00e0 un ma\u00eetre-autel de cath\u00e9drale ou \u00e0 une exposition dorf\u00e8vrerie, tant il y avait de plats, de cloches, de couverts et de cuillers en argent et en vermeil, au milieu des cristaux \u00e0 facettes qui entrecroisaient, par-dessus les viandes, des lueurs iris\u00e9es. Les trois autres salons regorgeaient dobjets dart : paysages de ma\u00eetres contre les murs, ivoires et porcelaines au bord des tables, chinoiseries sur les consoles ; des paravents de laque se d\u00e9veloppaient devant les fen\u00eatres, des touffes de cam\u00e9lias montaient dans les chemin\u00e9es ; et une musique l\u00e9g\u00e8re vibrait, au loin, comme un bourdonnement dabeilles. Martinon arriva au m\u00eame moment. Ils pass\u00e8rent dans le cabinet ; et Fr\u00e9d\u00e9ric tirait un papier de sa poche, quand Mlle C\u00e9cile, entrant tout \u00e0 coup, articula dun air ing\u00e9nu : Puis un patriote en blouse gravit la tribune. Celui-l\u00e0 \u00e9tait un pl\u00e9b\u00e9ien, large d\u00e9paules, une grosse figure tr\u00e8s douce et de longs cheveux noirs. Il parcourut lassembl\u00e9e dun regard presque voluptueux, se renversa la t\u00eate, et enfin, \u00e9cartant les bras : Comment navait-il pas song\u00e9 \u00e0 elle, plus t\u00f4t? La faute venait de Deslauriers, et il savan\u00e7a vers la boutique, il nentra pas, cependant ; il attendit quelle par\u00fbt. Et il entama une kyrielle de plaintes. En acceptant les conditions du fabricant, il avait entendu demeurer \u00e0 Paris, et non senfouir dans cette campagne, loin de ses amis, priv\u00e9 de journaux. Nimporte! il avait pass\u00e9 par l\u00e0-dessus! Mais Arnoux ne paraissait faire nulle attention \u00e0 son m\u00e9rite. Il \u00e9tait born\u00e9 dailleurs, et r\u00e9trograde, ignorant comme pas un. Au lieu de chercher des perfectionnements artistiques, mieux aurait valu introduire des chauffages \u00e0 la houille et au gaz. Le bourgeois senfon\u00e7ait ; S\u00e9n\u00e9cal appuya sur le mot. Bref, ses occupations lui d\u00e9plaisaient ; et il somma presque Fr\u00e9d\u00e9ric de parier en sa faveur, afin quon augment\u00e2t ses \u00e9moluments.  Il se reprocha son d\u00e9vouement, sans r\u00e9fl\u00e9chir que les accusations port\u00e9es contre lui \u00e9taient justes, apr\u00e8s tout. Quelle fatale id\u00e9e que cette candidature! Mais quels \u00e2nes, quels cr\u00e9tins! Il se comparait \u00e0 ces hommes, et soulageait avec leur sottise la blessure de son orgueil. Puis il \u00e9prouva le besoin de voir Rosanette. Apr\u00e8s tant de laideurs et demphase, sa gentille personne serait un d\u00e9lassement. Elle savait quil avait d\u00fb, le soir, se pr\u00e9senter dans un club. Cependant, lorsquil entra, elle ne lui fit pas m\u00eame une question. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/static1.puretrend.com\/articles\/4\/11\/30\/24\/@\/1309984-torse-nu-et-jogging-on-est-pour-580x0-2.jpg\" alt=\"la rencontre de mme arnoux\" align=\"left\"> Un soir, il re\u00e7oit une lettre de son ami Deslauriers qui le pr\u00e9vient de son arriv\u00e9e \u00e0 Paris. Mais il arrive le jour o\u00f9, pour la premi\u00e8re fois, Fr\u00e9d\u00e9ric est invit\u00e9 \u00e0 d\u00eener chez les Arnoux. Enfin, il laper\u00e7ut \u00e0 travers la fum\u00e9e des pipes, seul, au fond de larri\u00e8re-buvette apr\u00e8s le billard, une chope devant lui, le menton baiss\u00e9 et dans une attitude m\u00e9ditative. \u00c0 la nouvelle dun changement de minist\u00e8re, Paris avait chang\u00e9. Tout le monde \u00e9tait en joie ; des promeneurs circulaient, et des lampions \u00e0 chaque \u00e9tage faisaient une clart\u00e9 comme en plein jour. Les soldats regagnaient lentement leurs casernes, harass\u00e9s, lair triste. On les saluait, en criant : Vive la ligne! Ils continuaient sans r\u00e9pondre. Dans la garde nationale, au contraire, les officiers, rouges denthousiasme, brandissaient leur sabre en vocif\u00e9rant : Vive la r\u00e9forme! et ce mot-l\u00e0, chaque fois, faisait rire les deux amants. Fr\u00e9d\u00e9ric blaguait, \u00e9tait tr\u00e8s gai. \u00c0 peine! Tous les soirs, r\u00e9guli\u00e8rement, depuis la rue de Grammont jusqu\u00e0 la rue Montmartre, il se tra\u00eene devant les caf\u00e9s, affaibli, courb\u00e9 en deux, vid\u00e9, un spectre! .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>la rencontre de mme arnoux<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9401"}],"collection":[{"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9401"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9401\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9402,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9401\/revisions\/9402"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9401"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/demo.bkns.biz\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}